Le management du football fait couler beaucoup d’encre pendant cette coupe du Monde 2010. Le comportement des joueurs français, la sanction excessive du gouvernement nigérian à l’encontre de sa sélection et les erreurs d’arbitrage amène la discussion autour des notions de performances, de la triche et du fair-play.
Les récentes polémiques sur l’éthique du football amènent la question de la vidéo toujours plus sur le devant de la scène. Alors que le ballon trop vite – intentionnellement ou pas - relancé par le gardien allemand a entrainé une erreur d’arbitrage, mais préalablement, la main de Thierry Henry avait couté à l’Irlande la sélection pour le Mondial, les questions d’arbitrage sont tristement populaires. Étant donné les contre-performances des Bleus, la justification de la tricherie n’a même pas trouvé d’issue favorable. Elle devient une ombre qui plane sur le terrain, menaçante comme une tentation facile et vicieuse.
Les buts refusés ou accordés sur le fil par des arbitres qui ne peuvent pas tout voir ajoutent à ce Mondial une saveur un peu amère. Le mensonge, les arrangements avec la vérité deviennent monnaie courante tant qu’ils permettent de gagner.
Gagner, à tout prix
Gagner en jouant de la main est une réponse à un football qui ne trouve pas le chemin du fond de filet. Manque de talent, monétisation excessive ? Le football semble arriver au bout de son modèle économique et éthique. La culture de la victoire pure semble souffrir de l’ingérence d’objectifs à réaliser inhérents à toute profession. Les footballeurs sont des employés, les sélectionneurs des directeurs, aussi l’entrainement d’une équipe nationale relève du management professionnel. Incentives et séances de team building doivent permettre de trouver des solutions pour la cohésion du groupe mais aussi pour l’accomplissement de résultats. Travailler pour y parvenir en cultivant des valeurs dans lesquelles tout un chacun se reconnaît est la mission de l’équipe dirigée par son entraineur. Et c’est donc là où Domenech a totalement échoué et, comme tout dirigeant, il lui incombe de dresser un bilan et de présenter une analyse de son travail.
Mais ,là où l’échec de Domenech est également flagrant, c’est dans la tenue de cette équipe de poulet, et les débordements de la vie privée des membres, les querelles personnelles exposées aux médias. Cette non maîtrise de la communication est la preuve ultime de la faiblesse de ce groupe, qui a conduit aux résultats que l’on sait.
La question de la performance de ses équipes de football est une question particulièrement délicate. Le président Goodluck Johnatan du Nigéria a en effet suspendu son équipe des Super Eagles de toute compétition internationale pour les deux ans à venir. Entre laxisme excessif et super répression, le football semble avoir perdu ses marques. Pour autant, il semblerait que ces problèmes de management n’aient lieu qu’au niveau des sélections nationales. En effet, des équipes comme Arsenal ou Le Bayern de Munich ne connaissent pas de tels dramatiques démêlés.
Aussi, il est facile de penser que l’ingérence des questions politiques inhérentes à la notion de sélection nationale. Et cela pourrait tenir aussi à la mentalité du pays : la perte de l’Angleterre et ce malgré le but refusé, a été accueilli avec le flegme que l’on attribut aux britanniques. En France, la débâcle des Bleus fait l’objet d’un débat national, à l’image du goût des français pour la polémique.
Néanmoins, la question de la tricherie demeure problématique et relève d’une question d’éthique. Les joueurs, sous la pression des engagements financier et des retombées commerciales, semblent perdre de vue la morale du jeu, sa simplicité donc.
En tout cas, la Coupe du Monde paraît avoir perdu de son charme, comme entachée par les scandales. Il reste que l’honnêteté d’équipe comme le Ghana redore tout de même ce sport et apporte le rêve que l’argent semble avoir oté…




{ 0 Commentaires… ajouter un commentaire }